Histoire du Château de Ham-sur-Heure
Hypothèse historique concernant les différentes phases de construction du Château
Ces plans de l'architecte Bernard GOCHET sont indicatifs et ont été dressés à partir d'observations et non de relevés.
Le Château de Ham-sur-Heure ayant une histoire très riche, vous ne trouverez ici qu'un aperçu de celle-ci. Pour approfondir ce fascinant voyage au cœur de l'Histoire de notre région, vous pouvez vous plonger dans la lecture de "Autour d'un Château, au fil du temps...", ouvrage très complet et richement illustré, édité par la Commune de Ham-sur-Heure-Nalinnes en 2003 dans la collection Patrimoine. Ce résumé en est tiré. Pour voir les ouvrages parus dans la collection Patrimoine, cliquez ici. Sans document original ni indication ayant perduré à travers les siècles, il est impossible de dater exactement l'époque d'édification de la place forte qu'était le Château de Ham-sur-Heure à ses débuts, ni la forme que celui-ci arborait. Son emplacement exact et le nombre de tours n'est pas connu mais on peut supposer que sa forme était soit carrée soit polygonale pour faciliter sa défense. C'est au XIIIéme siècle, sous la plume d'Isabeau de Morialmé, qu'apparaît la première trace écrite connue de l'existence du Château de Ham-sur-Heure. C'est au milieu de ce siècle que les terres de Ham-sur-Heure, et donc le Château, passent de la famille de Morialmé à la famille de Condé par le mariage d'Isabeau à Nicolas de Condé en 1256. Au cours de la première moitié du XVème siècle, la seigneurie passa successivement entre les mains de différentes familles pour aboutir, en 1441, dans l'héritage d'Englebert II d'Enghien. Faute de descendants légitimes de Louis, fils d'Englebert II, Ham-sur-Heure entra dans les possessions de la famille de Merode en 1487. Le Château de Ham-sur-Heure demeura dans le patrimoine de cette prestigieuse lignée pendant près de 5 siècles au cours desquels ils lui donnèrent l’aspect qu’on lui connaît aujourd’hui. A la mort de Richard IV, petit neveu de Louis, c’est François I, son fils aîné, qui hérita de la seigneurie de Ham-sur-Heure et qui eut l’insigne honneur de recevoir l’empereur Charles-Quint le 23 décembre 1540 entre les murs du Château. C’est probablement à cette époque que l’édifice subit une première grande transformation par l’adjonction de corps de logis, le long des remparts, entre les tours. En 1667, sous le règne de Ferdinand, le Château subit une première fois des dommages, entre autres la destruction du donjon, suite à la tentative d’annexion de nos provinces par les armées françaises. La construction d’une muraille de protection en moellons entre 1669 et 1671 ne suffit pas à repousser le second assaut des troupes royales. En 1689, Maximilien-Albert, fils de Ferdinand, fut contraint de se rendre aux envahisseurs et ce, malgré une grande résistance due à la présence d’une garnison espagnole basée au Château. Le bâtiment en fut, en partie, ruiné. Au début du XVIIIème siècle, Joachim, dit Joseph de Merode, fils de Maximilien-Albert, transforma l’ancienne forteresse en demeure luxueuse. Son deuxième fils, Jean-Charles, fit entourer le parc du Château d’un mur d’enceinte de près de 3 kilomètres de long en 1751. Au décès de celui-ci, faute de descendant, c’est à son frère Balthazar-Philippe, dernier comte de Merode-Deynse, que revint la seigneurie de Ham-sur-Heure. Entre 1776 et 1779, il entreprit de rénover le Château. A l’époque, le Château se compose de deux longs corps asymétriques joints en angle de 80° où se loge l’entrée. Les deux corps se terminent, de part et d’autre, par des avancées formant une cour polygonale ouverte en face de l’entrée. Dès la moitié du siècle, la tour se trouvant dans l’angle d’entrée avait déjà été remplacée par un pan coupé couronné d’un fronton courbe fantaisiste. Le projet fut confié à Laurent Dewez, architecte très en vogue à la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Cependant, à part quelques travaux ainsi que des achats de matériaux, il faut bien avouer que la rénovation en resta au stade de projet. Balthazar ne put cependant pas profiter longtemps de son titre de Seigneur de Ham-sur-Heure car, sentant le vent révolutionnaire monter, il partit à l’étranger pour finalement s’établir à Vienne. Cet épisode de l’Histoire sonna le glas de la Seigneurie de Ham-sur-Heure. Suite à ces événements, le Château ne fut plus habité pendant plus de 70 ans. Laissé pratiquement à l’abandon pendant 30 ans, il fut sorti de sa léthargie par Louise de Rochechouart Mortemart et sa fille, Renée Victurienne de Merode, épouse de Charles-Jean d’Oultremont. Ils décidèrent, fin du XIXème siècle, de rendre à la demeure, presque en ruine, son lustre d’antan en lui apportant le faste d’un palais moderne dans le goût classique. La rénovation fut confiée à l’architecte Pierre Langerock. Les travaux considérables, qui durèrent plus de 20 ans, allaient transformer radicalement l’édifice, selon un concept original et complexe, tout en conservant un maximum d’éléments de la forteresse médiévale. Langerock, grand défenseur du nouveau « style national », para la façade principale d’atours néogothiques, courant qui lui était cher, tout en commémorant la mémoire des lieux. C’est à cette époque que le Château prend l’aspect qu’on lui connaît toujours aujourd’hui, formé de deux longues ailes reliées entre elles par un corps d’entrée trapézoïdal. Les deux ailes, largement ajourées de grandes fenêtres, de pignons et de lucarnes sont flanquées de tours carrées en leur extrémité. Les sommets des tours, fenêtres et pignons sont hérissés de ferronneries et girouettes. L'asymétrie que l'on constate dans l'architecture extérieure du Château atteste des différentes époques qu'il a traversé et donc de son ancienneté. Au cours de la première guerre mondiale, le Château de Ham-sur-Heure reçu la visite d'hôtes illustres dont le fils de l’empereur Guillaume. Le prince de Galles, futur Edouard VIII, y demeura également un mois, de décembre 1918 à janvier 1919, lors de l'inspection de ses troupes libératrices et plus précisément du Grand Quartier Général du corps d'armée australienne, basé pendant 4 mois au Château. Plus tard, le roi Albert 1er vint chasser dans les bois du domaine. Le Château fut classé par Arrêté royal du 5 mars 1936. Après la mort de Renée Victurienne en 1941 et l’assassinat de son troisième fils, Louis, par les rexistes en 1944 au Château, le domaine fut partagé en 1946. C’est Charles-Henry d’Oultremont, neveu de Louis, qui hérita du Château. Malheureusement celui-ci détruisit une partie des archives et vendit le mobilier. En 1952, lorsque l’Administration communale de Ham-sur-Heure lui racheta le Château pour la somme de 6.000.000 Frs, celui-ci s’installa successivement dans 3 maisons qu’il fit construire dans le parc. A partir de ce moment, le Château abrita l’Administration communale de Ham-sur-Heure, mais également un restaurant et des chambres d’hôtes. Depuis la fusion des Communes, en 1977, le Château est le siège, pour sa majeure partie, des bureaux de l’Administration communale de Ham-sur-Heure-Nalinnes. On y trouve également le CPAS, la bibliothèque communale de Ham-sur-Heure, le Musée de la Vie Rurale et Artisanale ainsi que des salles de réception.
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